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Les raisons d’un échec
Imputer à la seule réputation aussi injuste que désastreuse de Jean-Claude Van Damme l’échec du magnifique JCVD serait une erreur, que nombre de fans n’hésitent pas à commettre. L’acteur, malgré (ou en raison de) ses dérapages verbeux, bénéficie en France d’un véritable capital sympathie certes encore difficile à déterminer, mais néanmoins indiscutable. Quelque soit ce capital et son extension, il excède sans mal, soyons en sûrs, les quelques 168.000 spectateurs qui ont daigné se déplacer dans les salles pour assister à la renaissance incroyable de l’acteur. Maigre chiffre, aussi décevant pour les fans que pour le distributeur, à comparer aux 900.000 spectateurs de Kickboxer (par exemple). Quoiqu’il serait prétentieux (et surtout impossible) d’en définir les causes réelles (si nous en étions capables, nous ferions fortune dans la production de films !), nous avons essayé d’analyser, à partir des quelques éléments que nous avons, les raisons possibles de cet échec, et en avons identifié six.
1. Le public cible non identifié
Le premier problème reste sans doute le film lui-même. JeanClaudeVanDamme.fr a assez défendu JCVD, il n’est pas ici question de remettre en question la réussite artistique incroyable du film. Cependant, à la sortie de la projection de presse, la première question qui m’est venue à l’esprit était la suivante : «qui va aller voir ce film, qui ne vise aucun public en particulier ?». Regardons les choses en face : le film n’est pas assez drôle pour attirer le public habituel des comédies. Il ne contient pas assez de karaté, ni même d’action, pour attirer la grosse masse des spectateurs de films d’action. Les amateurs de cinéma d’art et essai n’iront pas voir le film parce qu’il y a Van Damme. Les amateurs de polar n’y trouveront pas leur compte non plus. Etc. En abordant un à un tous ces genres, le film ne parvient pas à cibler un public précis, et n’attire finalement que peu de spectateurs. C’est artistiquement sa force que de surfer adroitement sur plusieurs genres (on n’aura de cesse de le répéter, le film est une réussite !), mais cela ne fait certainement pas l’affaire du distributeur, qui devra se rattraper sur les ventes de DVD.

2. Un concept mystérieux
Difficile, pour le spectateur lambda qui tient à savoir exactement dans quoi il va mettre ses neuf euros, de savoir de quoi parle le film. Jean-Philippe avait pour lui, outre un casting en or, un concept clairement énoncé au spectateur, immédiatement parlant : « imaginez un monde dans lequel Johnny Hallyday n’existerait pas». Idem pour Dans la peau de John Malkovitch, qui avait en plus pour lui l’avantage d’attirer le public du cinéma d’auteur. L’échec de JCVD tient principalement en cet oubli : avoir surestimé le spectateur, avoir cru qu’il pourrait s’engouffrer dans un film à ce point mystérieux. Une simple tagline sur l’affiche aurait suffit : «que se passe t-il lorsque l’acteur Jean-Claude Van Damme est pris en otage lors du cambriolage d’une banque ? »

3. Le manque d’une vraie bande-annonce
C’est principalement ici le plus gros reproche que l’on fera : plusieurs bandes-annonces sont apparues sur le net et dans les salles, mais aucune d’entre elles n’a clairement explicité le concept et l’histoire du film. La bande-annonce sortie à l’étranger, qui reprend plusieurs scènes clés et offre une image claire du film, l’aurait certainement bien mieux servi que tous ces (pourtant excellents) teasers.

4. Des critiques trop élogieuses
Une fois n’est pas coutume, l’acteur a été quasi unanimement défendue par une presse élogieuse. Du plus petit périodique au plus grand quotidien national, tous ont salué à la fois la performance du comédien, ainsi que bien souvent la réussite du film. Malheureusement, le corolaire de ce genre de presse trop unanime a été non seulement la méfiance du spectateur, mais aussi et surtout sa propension à se précipiter dans les salles pour voir d’autres films la première semaine, pensant que JCVD resterait longtemps à l’affiche.

5. Le public du net un peu négligé
Le public d’un film comme JCVD se trouve essentiellement sur le net, sur les forums français généralistes (Allociné) ou plus exigeants (FilmDeCulte, Dvdrama, Ecranlarge…). Pourquoi l’acteur et l’équipe du film n’ont-ils accordé aucune interview à ces médias, préférant se focaliser sur Les Enfants de la télé, Cauet, ou Elle ? N’y a-t-il pas une erreur à privilégier ces médias (dont les lecteurs et spectateurs ne vont pas forcément au cinéma, et certainement pas pour ce genre de film) plutôt que ceux qui le défendent depuis ses débuts ? Notons que pour sa part, JeanClaudeVanDamme.fr a été directement contacté par le distributeur afin d'organiser un partenariat.

6. Le parc de salles trop large
Pour rappel, ce n’est pas le distributeur qui fixe à l’avance le nombre de salles. Il propose son film aux exploitants, et ceux-ci, en fonction de sa qualité et d’un tas d’autres paramètres (son casting, son accueil critique…) en commandent, ou pas, une copie pour leurs salles. Devant l’accueil énorme de l’acteur à Cannes, et devant surtout la qualité évidente du film, tout le monde a souhaité projeter le film, ce qui a abouti à un parc gargantuesque de plus de 350 salles la première semaine. Le risque ? Si le film ne fait pas le plein la première semaine, ce parc sera diminué de moitié la seconde, ce qui aux yeux des spectateurs potentiels signifie purement et simplement que le film… est nul.
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